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Situation hydrologique du Puy-de-Dôme : Bilan 2019

 

La Préfète du Puy-de-Dôme a réuni, le 12 décembre 2019, pour la 8e fois cette année, le comité départemental de l’eau, dont l’objectif était de faire le bilan de la situation hydrologique.

 

De fortes chaleurs et peu de pluie ont entraîné une situation de crise

Au cours de l’année 2019, les très fortes chaleurs corrélées à peu de précipitations significatives, ont eu pour conséquence la chute des débits des principaux cours d’eau et de leurs affluents dès la fin juin. Les nappes souterraines ont atteint, par endroit, des niveaux très bas jamais connus jusqu’à présent (Chaîne des Puys et nappe alluviale de l’Allier notamment).

Sur les 10 premiers mois de l’année 2019, la température moyenne calculée a été supérieure à la normale de 1°C. Sur cette même période, le cumul des précipitations a été inférieur à la normale, jusqu’à 40 %, sauf sur le secteur d’Ambert. À la suite des précipitations du mois d’octobre, les débits des cours d’eau sont progressivement remontés. Actuellement, et compte-tenu du déficit accumulé des trois dernières années, la recharge des nappes souterraines n’est pas encore effective.

La retenue de Naussac, remplie à 179 millions de m3 en mai 2019 a permis de soutenir le débit de l’Allier de juin à mi-octobre. La retenue de la Sep, soutenant la Morge et l’irrigation sur ce bassin, n’était remplie qu’à 31 % en mai 2019 et le soutien n’a pu être assuré que jusqu’au 22 août (réserve quasiment vide) et l’irrigation qui en dépendait, que jusqu’à fin juillet. Sur l’ensemble du département, la production agricole a été grandement impactée et la retenue est à ce jour toujours quasiment vide.

Des mesures de restrictions et des contrôles pour préserver la ressource

Face à ce constat de déficit pluviométrique extrêmement marqué ne permettant pas une hydrologie satisfaisante des cours d’eau, des mesures de restrictions des usages de l’eau ont été prises dès le début du mois de juillet et jusqu’au début novembre. Chacun a été appelé à faire des efforts pour réduire sa consommation d’eau.

63 opérations de contrôles sur le terrain ont été réalisées de façon à vérifier le respect des arrêtés de restriction des usages de l’eau. Ces contrôles ont donné lieu à 3 poursuites judiciaires.

Une gestion de l’eau à repenser sur le long terme

Cette année, des communes ont encore connu des ruptures momentanées et partielles de leur alimentation en eau potable. Certaines ont été contraintes de mettre en place des approvisionnements en eau par des navettes de camions-citernes. Il apparaît nécessaire d’anticiper ces situations dès maintenant et de prendre en compte les effets du changement climatique que nous subissons. C’est pourquoi la préfète du Puy-de-Dôme a engagé une stratégie départementale de l’eau, de façon à traiter du sujet de l’eau avec tous les acteurs concernés, tout au long de l’année et pas uniquement en période de crise. Cette démarche s’articule avec l’élaboration du nouveau Schéma départemental d’alimentation en eau potable menée par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme pour favoriser l’interconnexion entre les gestionnaires de l’eau du territoire.

La révision de l’arrêté « sécheresse » qui encadre les mesures de restriction d’eau, est également engagée dans le but d’améliorer sa lisibilité, l’équité des usages et le respect des milieux. L’objectif est qu’il soit effectif dès la prochaine saison estivale de 2020.

Bien que les restrictions soient terminées, chaque citoyen doit continuer à prendre toute disposition pour éviter les gaspillages d’eau, et a minima, avoir une gestion économe. Chacun doit faire preuve de civisme pour éviter de porter atteinte à la ressource en eau, bien commun et précieux pour tous.