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Campagnols nuisibles aux cultures : coordonner la lutte et agir dès maintenant

 

Anne-Gaëlle BAUDOUIN-CLERC a réuni lundi 4 mars 2019 le comité départemental d’évaluation de la maîtrise des populations de campagnols terrestres.

Petit mammifère souterrain, le campagnol terrestre se nourrit de racines des végétaux qui poussent dans les prairies et provoque ainsi des dégâts importants entraînant pour les agriculteurs une réduction de la production fourragère, des pertes économiques importantes et des problèmes sanitaires pour les animaux.

Afin de lutter contre ce nuisible présent dans le département, il a été mis en place en 2016, un comité* dont les missions principales sont la coordination, le suivi et l’évaluation des actions de lutte sur tout le territoire, avec une zone prioritaire : le territoire AOP Saint-Nectaire.

Des mesures à mettre en place des maintenant

Les données recueillies par le réseau de surveillance pour 2019 montrent que le risque de pullulation est élevé, voire très élevé. Dans ce contexte il est primordial de mobiliser l’ensemble des acteurs du réseau de surveillance et de piégeage pour mener une lutte précoce, raisonnée et collective dans les zones concernées.

C’est dans cette perspective que la préfète du Puy-de-Dôme a pris un arrêté le 28 janvier 2019 rendant obligatoire la mise en œuvre de mesures de lutte contre le campagnol terrestre pour tout exploitant ou propriétaire dont les prairies sont situées dans l’une des 53 communes à « risque élevé » et des 129 « risque faible à moyen ».

Dans certaines communes, notamment celles de l’Artense (Saint-Sauves, Tauves, La-Tour-d’Auvergne, Larodde, etc.), il est impératif de mettre en œuvre dès à présent les mesures de lutte.

Elles consistent à :

  • diminuer directement la population de ce nuisible par le piégeage,
  • diminuer les habitats favorables aux campagnols par le travail du sol, les pratiques agricoles et le piégeage des taupes qui préparent les galeries dans lesquelles s’installe le campagnol,
  • favoriser la prédation par l’aménagement de zones refuges pour les prédateurs naturels (haies, tas de pierre, nichoirs, etc.).

Afin de favoriser la mise en place de ces mesures et bénéficier d’aides financières, les agriculteurs peuvent s’engager dans des contrats de lutte signés pour 5 ans proposés par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) qui coordonne la lutte collective. À ce jour 160 contrats ont été signés dans le département correspondant à environ la moitié des agriculteurs concernés par la problématique du campagnol.

Le soutien de la DRAAF

Pour 2019, la Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (DRAAF), s’est engagée à soutenir techniquement et financièrement des actions de surveillance et de communication sur des zones pilotes au sein desquelles des mesures renforcées seront conduites compte tenu du risque très élevé de développement du campagnol ; il s’agit des communes de Rochefort Montagne, Perpezat, Laqueuille, Vernines et Aurieres . L’objectif est que ces actions déployées puissent servir d’exemple et être démultipliées.

Bilan du plan d’action 2018

Le comité du 4 mars a dressé le bilan du plan d’action 2018 qui était articulé autour de trois axes :

  1. Le renforcement de la surveillance. Un travail de priorisation des communes a été mené en 2018 en concertation avec VetAgro Sup, la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON) et les services de l’État afin de déterminer le niveau de risque lié aux campagnols (nul, moyen, élevé) et ainsi focaliser la surveillance sur les communes concernées. 40 observateurs, parmi lesquels des membres de la Chambre d’agriculture ou des Parcs naturels régionaux, ont été formés par VetAgro Sup pour suivre l’état des populations de campagnols et permettre la diffusion des informations les plus justes aux agriculteurs.
  1. La coordination et la mise en relation des acteurs. Les agriculteurs du territoire ont pu bénéficier du retour d’expérience de ceux impliqués dans le projet de lutte mis en place sur quatre sites du département en 2018. Des demies-journées de démonstration de méthode de lutte alternative ont notamment eu lieu à Saint-Julien-Puy-Lavèze et au lycée agricole de Rochefort-Montagne.
  1. L’information aux agriculteurs. La transmission des informations aux agriculteurs et aux maires des communes concernées est essentielle. Elle a été réalisée tout au long de l’année au travers de réunions sur les méthodes de lutte et la réglementation, de la diffusion d’une plaquette au 182 communes à risque « campagnol » moyen et élevé, et au travers des outils existants (bulletin de santé végétale, avis de traitement, etc.)

* Le comité départemental d’évaluation de la maîtrise des populations de campagnols terrestres est composé : des services de l’État (DRAAF, DREAL, DDT, DDPP, DT ARS), des élus locaux, départementaux et régionaux, des Parcs Naturels Régionaux, des territoires sur lesquels des actions de lutte collectives et cordonnées sont engagées (mairie de Besse, Comité Environnement pour la Protection de l’Impluvium de Volvic…), des professionnels agricoles (chambre d’agriculture, syndicats agricoles, SIDAM, GDS, EDE, FD CUMA, ISN), de la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON), de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, de la Fédération Départementale de la Chasse, du lycée agricole de Rochefort-Montagne, de la recherche (INRA et Vetagro sup)

Carte des communes

 
 

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